16 - Anne-Sophie TRAVERSAC et Stéphane BAUDENS - Europe(s) et sécurité collective - Juin 2014

La sécurité collective en Europe a connu des évolutions sensibles depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Jusqu’en 1914, la sécurité consistait à dissuader les États de faire la guerre ou à limiter les conflits en assurant un équilibre des puissances européennes. Cette approche « réaliste », d’inspiration volontiers britannique, définissait une sécurité dirigée contre un adversaire désireux d’instaurer une hégémonie sur le continent. Depuis la création de la Société des nations et les traités de 1919-1920, en réaction aux ravages causés par la Grande Guerre, puis avec la création de l’ONU à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la notion de sécurité collective, dans une approche dite « idéaliste », renvoie à un système fondé sur des traités ou des accords multilatéraux liant des États entre eux. La sécurité collective repose depuis lors sur une pratique institutionnalisée de l’établissement et du maintien de la paix, et elle fonde un système de mise en commun de responsabilités et d’engagements mutuels destiné à la fois à éloigner un péril extérieur et à conserver la paix au sein des pays concernés.
Nous proposons dans le cadre de ce colloque pluridisciplinaire « Europe (s) et sécurité collective » d’appréhender la question de la sécurité collective dans une dimension régionale, qui est sa dimension privilégiée depuis que la SDN et l’ONU ont montré leurs limites dans le maintien de la paix. La première session, consacrée à l’évolution du concept de sécurité collective au cours du XXe siècle, retient une approche chronologique, partant de la disparition du système traditionnel du « concert européen » et développant ensuite les phases successives de la notion et de ses traductions pratiques : une sécurité collective incluant l’adversaire potentiel (SDN, accords de Locarno, ONU) ou l’excluant (OTAN). Il conviendra dans un deuxième temps d’aborder la question de la sécurité collective dans une approche globale en tenant compte des niveaux de responsabilité, des interactions entre les différentes organisations compétentes de la sécurité collective en Europe (UE, OTAN, OSCE, ONU,…), et de la légitimité d’actions militaires menées dans le voisinage européen ou en Afrique sahélienne. Cette deuxième partie du colloque sera d’ailleurs l’occasion de faire intervenir autour d’une table ronde de grands acteurs des dernières opérations. Enfin, une réflexion sera menée sur les perspectives d’évolution de la coopération européenne en matière de sécurité, dans une période d’évolution du cadre stratégique européen (depuis le Conseil européen de décembre 2013 et avant le Sommet de l’OTAN de septembre 2014) et de mutation des organisations concernées."

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