Le tourisme au Moyen-Orient

Idéologie, religion et législation :

les facteurs pouvant influencer la mise en tourisme du patrimoine culturel au Moyen Orient

Gwenvaël Engel

(diplômée d'un master-2, science et gestion du tourisme)

  

Résumé

La mise en tourisme du patrimoine culturel n’est pas un cas isolé d’intérêts politiques ou économiques. Dans la zone du Moyen-Orient, l’idéologie (nationalisme), la religion (islam) et la législation sont autant de facteurs pouvant influencer les stratégies prises à l’égard du patrimoine. Le patrimoine culturel devient alors objet de la consommation touristique pour assurer le développement du tourisme culturel. Cependant les stratégies se nuancent afin d’adapter un tourisme propre à chaque pays. Ces diverses pratiques se constatent notamment à travers la gestion et la valorisation du patrimoine culturel. En prenant pour cas d’études l’Arabie Saoudite et l’Iran, les recherches ont révélé que, par le biais de la législation et de la gestion, le patrimoine culturel devient un terrain de jeu pour satisfaire des besoins à la fois identitaires et religieux ou des besoins économiques.

 

Avec des systèmes politiques variés, une religion prédominante et des patrimoines culturels diversifiés, le Moyen-Orient attire les visiteurs autant qu’il suscite la méfiance. Comment les pays misent sur leur patrimoine afin d’assurer un développement du tourisme culturel ? Quels intérêts interviennent dans la mise en tourisme du patrimoine culturel ? Entre idéologie, religion et législation, les stratégies varient d’une destination à une autre. Cependant les facteurs économiques et religieux semblent se renforcer dans les systèmes théocratiques comme l’Iran et l’Arabie Saoudite.

 

Influences idéologiques sur la mise en tourisme d’une destination

L’identité d’une nation se construit grâce à l’histoire du pays et son patrimoine existant. En effet - quel que soit le gouvernement au pouvoir - la culture, le patrimoine et l’histoire ont toujours développé une mémoire nationale autour d’un passé commun (Goulding et Domic, 2009). La religion, en tant qu’identité communautaire, peut être également considérée comme une idéologie.

Dans la littérature, le gouvernement, alors principal acteur du développement touristique, utilise régulièrement le tourisme pour renforcer le nationalisme et l’idéologie (patrimoine intangible) d’un pays, avec une action particulière sur la valorisation du patrimoine et la création du discours adapté au secteur touristique. Bandyopadhyay, Chick et Morais (2008) ont étudié le cas de la religion et de l’identité indienne dans la mise en tourisme opérée par le gouvernement. Plusieurs éléments du passé sont mis en avant dans les représentations touristiques afin de renforcer la cohésion communautaire. Deux lignes directrices sont alors mises en avant. Premièrement, la mixité religieuse présente en Inde reflète une idéologie socio-politique que le gouvernement utilise pour promouvoir des sites architecturaux issus de diverses cultures religieuses. Le deuxième élément, récurrent dans la mise en tourisme, se réfère à un passé colonial douloureux : atrocités vécues et résistance héroïque face à des occupants « barbares ». Le tourisme permet alors de renforcer un discours nationaliste en faisant revivre le passé. Le discours et l’interprétation qu’en font les groupes dominants permettent de renforcer le sentiment d’identité et d’appartenance (Goulding et Domic, 2009). Cependant, la visite du patrimoine visant à maintenir une identité nationale ne peut concerner qu’un tourisme domestique majoritaire alors que le tourisme international ne saurait se retrouver dans cette communauté qui n’est sienne.

 

Islam et politiques de développement touristique au Moyen-Orient

De nombreux auteurs (Arasteh et Eilami, 2011 ; Tajzadeh-Namin, 2012) s’accordent sur un élément fondamental : l’Islam ne s’oppose pas au tourisme. En effet, seize versets du Coran approuvent le voyage comme une forme d’accomplissement spirituel, physique et social, permettant l’acquisition de connaissances et de persévérance ; alors souvent appliqués à travers les migrations et les pèlerinages.

Pour comprendre l’éventuelle influence de la religion sur la mise en tourisme d’une destination, nous prendrons le cas des deux grandes théocraties : l’Arabie Saoudite et l’Iran. Parce que la théocratie rend indivisibles l’état et la religion, elle renforce le pouvoir religieux sur la mise en tourisme d’un pays (Zamani-Farahani et Henderson, 2010). La dimension religieuse influence le gouvernement de manière à ce que celui-ci prenne des mesures en accord avec les lois islamiques, soit une société ordonnée selon la charia (Tajzadeh-Namin, 2012). Cette hiérarchie influence l’expérience touristique, le marketing et les politiques de développement touristique (Arasteh et Eilami, 2011). Il ressort particulièrement de la littérature une homogénéisation des propos concernant le marketing et la promotion touristique qui se doivent d’être compatibles avec les valeurs et les lois islamiques, se tenant à l’écart de toutes influences hédonistes. Les pays arabo-musulmans préfèreront une communication construite sur une expérience touristique rendue possible grâce à l’hospitalité arabe et persane (Zamani-Farahani et Henderson, 2010). Malgré ces constats, les auteurs notent que les codes de conduite imposés en société théocratique peuvent se présenter comme un frein aux arrivées touristiques internationales. C’est dans cette continuité que les écrits scientifiques font l’état du droit des touristes non-musulmans en société islamique pour rendre compte de l’impact de la religion sur les activités et les comportements touristiques (Arasteh et Eilami, 2011 ; Tajzadeh-Namin, 2012).

Même si la religion musulmane et les systèmes politiques semblent guider le développement touristique du Moyen-Orient, de nombreux pays sont contraints à une plus grande tolérance face aux touristes non musulmans s’ils veulent répondre à leurs objectifs de développement et de libéralisation économique (Durand, 2007). Din (1989) affirme que la religion a peu d’impact sur les activités touristiques, car les pays islamiques prennent modèle sur l’Occident pour leur développement touristique. Pour assurer sa mise en tourisme, un pays, même musulman, utilisera les codes universels tels que la formation d’une main-d’œuvre de qualité pour répondre à une demande d’exigence, la mise en place d’un système de réservation en ligne, etc. Ainsi, dans la région du Moyen-Orient, l’industrie touristique prend différentes formes et engage de multiples acteurs pour les processus de valorisation du patrimoine.

 

Tourisme culturel : valorisation du patrimoine au Moyen-Orient

Très souvent, plusieurs acteurs interviennent dans les discussions du patrimoine culturel, rendant complexe son processus de valorisation. Parmi ces acteurs, El Fasskaoui et Kagermeier (2014) notent les leaders d’opinions locaux, nationaux et internationaux, et les élites politiques, scientifiques et spirituelles. S’y ajoutent les acteurs économiques du tourisme et la population locale. Au sein de chaque groupe des perspectives et positions peuvent s’opposer. Certains favorisent des missions pour la protection ou la sauvegarde du patrimoine, pendant que d’autres acteurs privilégient l’exploitation touristique d’un patrimoine afin de l’intégrer dans une offre touristique et d’en tirer un avantage économique. Effet d’interdépendance, la protection d’un site du patrimoine facilite la création d’un produit touristique. Le tourisme entretient donc, en partie, la conservation du patrimoine. Les auteurs mettent alors en avant une « marchandisation touristique » du patrimoine, caractérisant l’appellation « Patrimoine culturel mondial » de « label » utilisé pour renforcer l’attractivité d’un site touristique. Dans ce même article, les auteurs précisent que le Maroc se sera saisi de cette marchandisation du patrimoine culturel à des fins touristiques dès l’époque du protectorat français, avant son indépendance en 1956. Mais le patrimoine valorisé semble être sélectionné. En effet, les auteurs mentionnent que certains patrimoines culturels potentiels ne sont pas exploités ou mis en valeur, tels que le patrimoine industriel datant du protectorat, ou encore le patrimoine des anciennes communautés juives du Maroc.

Il apparaît également qu’un tourisme se construisant autour du patrimoine culturel est une alternative au tourisme de masse que rejettent les pays du monde arabe (Farouk-Daher, 2007). En plus de développer des activités liées au patrimoine culturel, beaucoup de pays valorisent leur patrimoine en opérant une mise en tourisme d’infrastructures déjà existantes : de vieilles bâtisses sont réinvesties hôtels de caractère (Egypte, Oman, Jordanie, etc.). La tradition devient objet à la consommation touristique afin de conserver l’identité nationale et d’offrir aux touristes différentes interprétations de l’histoire et de la culture. A Alep (Syrie), le développement du tourisme culturel assurait une dynamique productive locale via la valorisation artisanale. Cette production a permis l’activité touristique qui permettait elle-même la poursuite de la production artisanale (Ferguene et Banat, 2013). Ces ressources touristiques existantes et les caractéristiques culturelles constituent un potentiel d’attractivité pour construire une destination (UNWTO, Silk Road Action Plan 2016 2017). 

C’est dans cette optique que s’inscrit la stratégie de certains pays de la péninsule arabique. Le patrimoine culturel et archéologique prend une part importante dans le développement touristique de la région (Durand, 2007). Villages, mosquées, musées, spectacles « traditionnels », etc. sont intégrés aux parcours touristiques pour préserver les traditions tout en répondant à la demande du tourisme moderne. Pour le cas d’Oman, les autorités touristiques ont installé des camps nomades au sein du désert afin d’impliquer les locaux (familles bédouines) dans le développement touristique, tout en promettant un séjour authentique aux voyageurs (Mershen, 2007). Le sultanat d’Oman développe alors un tourisme orienté vers la communauté locale. Mais pour qu’un pays puisse s’imposer sur la scène touristique internationale, ses autorités doivent abolir les mauvaises représentations et présenter la destination comme sécurisée (Henderson, 2006). Dans ce contexte, c’est en se référant à de nombreux conseillers internationaux que Dubaï a su orienter sa stratégie de promotion touristique. La destination a alors réussi à devenir un lieu de rencontres entre l’Orient et l’Occident. Pour rendre tout ce patrimoine crédible, il apparaît régulièrement que les pays du Moyen-Orient portent une attention particulière à la formation de guides afin que ces derniers puissent interpréter le patrimoine. En effet, un discours adapté permet de créer une relation entre la richesse du passé et du présent (Ferguene et Banat, 2013).

 

Gestion et législation du patrimoine culturel : Iran et Arabie Saoudite

Les cas iranien et saoudien sont bien différents, notamment en ce qui concerne le développement touristique. En effet, le visa touristique n’existe pas en Arabie Saoudite. Seuls deux visas religieux permettent aux musulmans de se rendre en Arabie Saoudite dans le cadre du pèlerinage de la Mecque (visa d’un mois) ou du pèlerinage d’Oumrah (visa de deux semaines). C’est pourquoi les sites islamiques y sont davantage valorisés que les sites archéologiques. Le terme de « tourisme religieux » a par ailleurs commencé à faire son apparition dans les discours de la Commission du Tourisme et du Patrimoine National (SCTH) d’Arabie Saoudite depuis 2016. Bien que discrète, la valorisation des sites archéologiques saoudiens (sites datant de l’ère préislamique) est grandissante.

En Arabie Saoudite, la Commission du Tourisme et du Patrimoine National (SCTH) dispose de tous les pouvoirs d’intervention à l’égard des sites du patrimoine national. Cependant, si les autorités collaborent, seul le ministère de l’Intérieur possède le pouvoir de décision, ce qui lui a permis d’interdire l’application du visa touristique en Arabie Saoudite selon un décret royal de 2010. Les sites du patrimoine archéologique en Arabie Saoudite sont donc propriétés du gouvernement saoudien et sont, depuis 1972, protégés par « the Kingdom Saudi Arabia Legislation for Antiquities ». Alrawaibah (2014) explique que cette législation limite les collaborations entre le secteur privé et public. Par exemple, l’Article 38 stipule que les sites archéologiques peuvent être loués pour une durée d’un an. Ce court terme permettrait au gouvernement de garder la main mise sur la gestion des sites et sur leur développement touristique, une année n’étant pas suffisante pour préparer un site à des visites touristiques.

Concernant le cas iranien, Rouhani (2011) note l’absence d’une législation actualisée et d’organisations efficaces pouvant causer des difficultés juridiques et administratives pour une sauvegarde du patrimoine menacé par des projets urbains en pleine expansion depuis l’après-guerre Iran-Irak (1980-1988). En effet, il insiste sur le fait que la législation concernant la préservation du patrimoine culturel n’a pas été renouvelée depuis des décennies et que la principale législation effective est la Loi sur les Antiquités de 1930. L’auteur explique qu’une attention particulière s’est portée sur la conservation et à la restauration du patrimoine entre 1960 et 1970, mais que celle-ci ne touchait que certaines exceptions. Les projets se sont limités à des sites anciens et monuments considérés comme « importants », soit un patrimoine pouvant démontrer le « passé doré » iranien ou valoriser le « génie » de la civilisation perse, délaissant alors la protection de l’architecture vernaculaire et les techniques traditionnelles.

Dans la continuité de son article, Rouhani (2011) fait l’état de l’impact des droits de propriété en Iran sur le patrimoine culturel. Il apparaît que plusieurs bâtiments aient été retirés de la liste du patrimoine national en 2010 car les propriétaires ont affirmé que leur droit de propriété avait été violé par l'organisation iranienne en charge du patrimoine culturel (ICHHTO) qui n’aurait pas demandé leur consentement. Selon l’auteur, le droit de propriété donne la permission de détruire des biens historiques pour construire des bâtiments modernes à multiples étages, favorisant alors l’apport économique à la préservation du patrimoine. Pour détailler ses propos, il explique que la municipalité de Téhéran a appliqué de nombreuses politiques pour assurer un développement urbain et une augmentation de ses revenus économiques. Ces politiques ont entrainé des constructions majeures à Téhéran, en particulier dans le nord de la ville. En quelques années, ce quartier nord réputé pour ses maisons traditionnelles et ses jardins perses est devenu une vaste zone de gratte-ciel modernes causant la destruction de tout un patrimoine. Dans ce processus de développement urbain, le rôle d’ICHHTO (Iranian Cultural Heritage and Handicraft Organisation) n’est pas pris en compte. Pourtant, l’intégration d’organisations gouvernementales et non-gouvernementales du patrimoine culturel à de tels projets aurait été une solution pour sauvegarder les centres historiques et les intégrer dans la vie contemporaine des villes. Cependant, l’auteur affirme que le gouvernement autorise désormais les organisations gouvernementales et les ministères à acheter des bâtiments historiques pour les préserver. Cette disposition légale pourrait être modifiée afin que la permission devienne obligation. En effet, si la loi obligeait les organismes privés à consacrer une partie de leur budget à l'achat et à la réutilisation de bâtiments historiques, un grand nombre de ces biens pourraient être sauvés.

 

Conclusion

L’idéologie, qu’elle soit religieuse ou nationaliste, semble influencer la mise en tourisme d’une destination. En effet, le patrimoine culturel est une mise en scène où se jouent les marques du passé afin de satisfaire un public touristique international tout en servant le sentiment nationaliste du tourisme domestique. Le tourisme culturel est un moyen de contrôle sur ce qui est donné à voir au touriste. Il refait vivre le passé pour dévoiler les forces culturelles et assure un apport économique pour les populations locales. Dans le cas de l’Islam au Moyen Orient, les autorités religieuses interviennent alors dans les règles de conduites touristiques, dans la gestion des lieux et structures touristiques ainsi que dans la promotion touristique. Les pays arabo-musulmans ont pour objectif majeur le développement d’un tourisme culturel. Les pays intègrent alors leur patrimoine culturel et historique aux circuits touristiques afin d’assurer une expérience authentique et se tenir à l’écart d’un tourisme de masse. La religion musulmane ayant différentes interprétations culturelles et religieuses, il apparaît que les pays ont des stratégies de développement touristique divergentes et les marchés ciblés se divisent entre le tourisme culturel majoritairement occidental et le tourisme religieux majoritairement régional. Ainsi, les pays ciblant un marché occidental opèreront des mises en tourisme similaires afin de répondre aux exigences du tourisme international, tandis que le tourisme religieux optera pour une valorisation culturelle davantage islamique afin de satisfaire des voyageurs « spirituels » comme nous l’avons vu pour le cas de l’Arabie Saoudite. 

Avec l’exemple de l’Arabie Saoudite et de l’Iran, l’harmonisation entre développement économique et préservation du patrimoine culturel traduit un idéal difficilement atteignable. Bien que le patrimoine culturel serve le développement d’un tourisme culturel, la législation mise en place dans les deux théocraties semble donner à peu d’acteurs un poids non négligeable dans la gestion des sites culturels. Entre désir de développement économique et une gestion hiérarchisée, la valorisation et la préservation du patrimoine culturel semble être mis à mal face aux intérêts économiques et idéologiques des deux théocraties.   

 

Références

Alrawaibah A. (2014). Archeological Site Management in the Kingdom of Saudi Arabia: Protection or Isolation. In K.Exell & T.Rico (Eds.), Cultural heritage in the Arabian Peninsula: Debates, Discourses and Pratices (pp. 143-156). UK: Ashgate.

Arasteh M. & Eilami R.-M. (2011). The Role of Religion and Islam in the Tourism Industry of Iran. Available online at SSRN: https://ssrn.com/abstract=1773827.

Bandyopadhyay R., Chick G. & Morais D.-B. (2008). Religion and Identity in India’s Heritage Tourism. Edition Elsevier-Masson, Annals of Tourism Research, 35(3), 790-808.

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