Communiqué : Une guerre dans la guerre autour d'Idlib (16/4/18)

Syrie 1

Tandis que les États-Unis et les Européens tentent de reprendre la main sur la situation en Syrie, se joue une autre partie dans la poche d’Idlib qui, depuis 2011, résiste aux pressions de l’armée syrienne.

En 2012, cette zone était encore tenue par des bataillons de l’Armée syrienne libre (ASL), avant d’être totalement évincés par divers groupes djihadistes, fédérés sous le drapeau de Jabhat al-Nosra (JAN), lié à Al-Qaida. Depuis 2016, les liens sont officiellement rompus entre JAN, devenu Hayat Tahrir al-Sham (HTS), et Al-Qaida. Mais l’idéologie guerrière et islamiste de l’organisation terroriste reste prédominante dans HTS, qui profite de son paravent humanitaire que sont les Casques Blancs.

HTS a toujours dû cohabiter avec une autre confédération djihadiste, Jabhat Tahrir Suriyah (JTS), qui fédère une multitude d’autres groupes (Jaish Idlib Huor, Haish al-Nasr, Jaish al-Izzah, etc…), mais qu’elle laisse libre de s’autogérer localement.

Enfin, la Turquie tente d’être de plus en plus présente dans la poche depuis 2017, puisqu’elle y a installé, avec la complicité tacite de HTS, des postes militaires d’observation, faisant face aux zones tenues par Bachar al-Assad, postes qui ont la vocation officielle de vérifier qu’il n’y a pas d’exactions de l’armée syrienne contre les populations civiles, mais qui servent surtout à la Turquie pour s’implanter localement, comme elle l’a fait à Afrin. En cas de crise avec Damas, Ankara pourra donc se déployer dans la poche d’Idlib, quitte à agir par ses proxys. Parmi ceux-ci figurent des milices turkmènes installées dans l’ouest et le nord de la poche.

Idlib

En mars et avril, les pressions violentes de l’armée syrienne sur les espaces djihadistes de la Ghouta orientale ont convaincu les leaders de HTS qu’il fallait homogénéiser les espaces tenus par les rebelles dans la poche d’Idlib et briser l’autonomie de JTS. HTS a donc lancé dans la première quinzaine d’avril 2018 une multitude de raids contre les zones de JTS, jusqu’à conquérir les espaces du sud de la poche d’Idlib.

Ainsi, tandis que le régime de Damas écrase HTS dans les alentours de Damas, HTS fait de même avec les autres groupes rebelles et djihadistes. Et la Turquie de renforcer sa présence dans la zone.

Chaque acteur est donc lancé dans une course contre la montre pour étendre et homogénéiser ses territoires, et cela avant des affrontements de plus grande ampleur, notamment entre la Syrie et la Turquie, via ses proxys (Turkmènes, rebelles, djihadistes).

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