La conquête de l'Espagne

Al-Andalus, de la conquête à l’islamisation

 

Olivier Hanne

Agrégé, docteur en histoire, chercheur-associé à l’université d’Aix-Marseille

 

 

La complexité de l’histoire d’Al-Andalus est symbolisée par son nom même. Le terme viendrait de Vandalicia, donné à la province de Bétique par les Vandales, barbares germaniques qui passèrent en Espagne au début du Ve siècle. Détourné par les auteurs arabes sous la forme Al-Andalîsh, le mot désigna dès le VIIe siècle l’ensemble des terres ibériques sous domination islamique, quelles que fussent leurs frontières. Le terme était politique et religieux, mais jamais géographique : au fur et à mesure de la reconquête par les chrétiens, Al-Andalus (ou l’Andalus) se réduisit puis disparut.

Comment l’islam s’empara-t-il de la péninsule ibérique et y imposa-t-il sa marque au cours du VIIIe siècle ? Comment les populations locales réagirent-elles à cette invasion qui impliquait aussi une conversion ?

 

Un royaume wisigoth peu préparé

Le royaume espagnol des Wisigoths n’était nullement préparé à affronter la conquête musulmane.

Depuis le VIe siècle, l’ensemble de la péninsule est passée sous contrôle de ces Germains convertis à l’arianisme, un christianisme hétérodoxe. La conversion au catholicisme du roi Reccarède en 587 renforce l’unité du royaume autour de l’Église et de la monarchie. Une civilisation originale naît alors, produit de la fusion des cultures romaine, ibérique et wisigothique. Tolède est le cœur de l’Église nationale, là où elle réunit ses conciles, là où se développe une culture écrite latine brillante, servie par un système éducatif anticipant les décisions de Charlemagne, et représentée par l’encyclopédiste de génie, Isidore de Séville (mort en 636).

Mais le monde wisigoth est refermé sur lui-même, protégé des avancées franques par les Pyrénées et des raids berbères d’Afrique du Nord par le Détroit de Gibraltar. L’unification religieuse butte sur la minorité juive, que les conciles et le roi Sisebut en 612 veulent délibérément couper de la société, voire convertir de force. La violence politique au sein des dynasties royales est permanente, puisqu’il n’existe aucune règle successorale stable. À chaque fin de règne, l’aristocratie se déchire pour obtenir le trône. À la mort du grand roi Wamba en 680, une lutte acharnée oppose les prétendants, les uns d’origine royale, les autres issus de la noblesse guerrière. Ainsi, en 710, Rodéric, duc de Bétique, renverse le dernier roi Wittiza, au moment où, de l’autre côté du Détroit, se prépare l’invasion musulmane.

 

La conquête arabo-berbère

Depuis 661, la puissante dynastie arabo-musulmane des Umayyades, installée à Damas, règne sans partage sur l’Islam. Contrairement aux règles des premiers califes, leur empire se veut héréditaire, et donc dynastique, fièrement ethnique, et donc arabe, et séculier, la conversion des peuples soumis étant jugée secondaire. Il connaît pourtant une expansion foudroyante en Asie centrale, vers le Caucase et au Maghreb. Cette dernière région est difficile à occuper en raison de la résistance des tribus berbères qu’il faut soumettre les unes après les autres. Le général Mûsa est nommé gouverneur d’Îfriqiya (actuelle Tunisie) qu’il s’emploie à conquérir après la défaite berbère de 702. Imposant l’islamisation religieuse aux nomades, il les enrôle dans son armée et s’impose dans tout le Maghreb, prélude à l’invasion de l’Espagne.

Fort du recrutement de ces Berbères et du bon accueil des juifs, opprimés par les rois wisigoths, Mûsa décide de lancer une expédition vers la péninsule, sans en référer à Damas. Il confie une armée de 7 000 hommes au Berbère Târiq, qui franchit le Détroit de Gibraltar en mai 711, aidé par la trahison du comte Julien, gouverneur byzantin de Septem (Ceuta), qui fournit les navires.

Târiq brise immédiatement l’armée du roi Rodéric, le dernier Wisigoth, en juillet 711, au Wâdî Lago (Rio Barbate). Le savant et chroniqueur persan Al-Tabarî (mort en 923) fera de cet événement une répétition de la bataille de la Qadisiyya qui opposa en 636 les Arabes musulmans aux Perses sassanides :

En l’an 92 [de l’Hégire] Târiq envahit, à la tête de 12 000 hommes (sic), l’Andalus. Le roi de ce pays, Rodéric, qui était d’Ispâhân et qui descendait des anciens rois de Perse (sic), lui livra bataille, à laquelle il assistait, assis sur un siège. On combattit avec acharnement. Rodéric fut tué, et les musulmans furent maîtres de l’Andalus. Ils y firent un butin immense.

Dans la foulée, Târiq prend Cordoue et Tolède, avant d’être rejoint par les troupes de Mûsa. Toute l’Espagne tombe en 716. La monarchie wisigothique s’effondre avec une rapidité et une facilité stupéfiantes, imitée bientôt par la civilisation qu’elle avait fait naître. Le chroniqueur et archevêque de Rada, Rodrigo Jiménez (mort en 1247), voit dans la conquête la disparition de la chrétienté hispanique, mais aussi une abdication morale et culturelle de l’épiscopat :

La foi des prêtres fut réduite au silence, le nombre des ministres du culte s’épuisa (…) ; les temples furent détruits, les églises abattues et, au son des instruments accompagnant les louanges, succédèrent les blasphèmes provocateurs (…). Ceux que les Arabes ne pouvaient soumettre, ils les trompaient par de faux traités, tandis qu’Oppa, l’évêque de Séville, fils d’Égica, leur conseillait de poursuivre leur vie en étant soumis aux Arabes et en leur payant un tribut.

 

La poursuite des expéditions

Loin de s’arrêter aux Pyrénées, les conquérants musulmans passent les montagnes et lancent des razzias au sud de la Loire afin de tester les défenses franques et de récolter du butin. D’après la chronique du monastère de Moissac, en 720, « Ambisa, roi des Sarrasins », prend Narbonne, puis Carcassonne en 725. Ce chef est l’émir d’Espagne al-Samh. La Septimanie bascule dans le giron musulman. Autun est pillée la même année. On lance des raids vers la vallée du Rhône, mais sans lendemain. Ici, on ne note aucune résistance, probablement en raison d’accords opportunistes avec l’aristocratie locale. Le comte franc Mauronte semble s’être allié aux envahisseurs et leur aurait livré Arles et Avignon.

Les chroniqueurs latins qui font la liste de ces raids ignorent la foi des étrangers. Pour les qualifier, ils reprennent les termes utilisés par les Byzantins, comme « Sarrasins », « infidèles » ou « adorateurs de Mahomet ». Aucun auteur européen ne les appellera « musulmans » avant le XVIe siècle. Le mot « Sarrasin » n’a pas de signification religieuse, puisqu’il s’agit d’un ethnicisme ancien désignant approximativement les Arabes de l’est du Jourdain. Dès qu’il s’agit de l’Espagne, les auteurs européens leur associent aussi les « Maures » (maurus en latin : le noir), c’est-à-dire les Berbères.

Aidés par les querelles entre le duc Eudes d’Aquitaine et le maire du Palais mérovingien Charles, les Arabo-Berbères cherchent en 732 à atteindre le riche monastère de Saint-Martin de Tours, mais ils sont arrêtés le 25 octobre, près de Poitiers, par la cavalerie de Charles, surnommé Martel, le « marteau des païens ». Le récit de la Chronique du Pseudo-Frédégaire, écrite à la fin du VIIIe siècle, accuse le duc d’Aquitaine Eudes de sympathie avec l’ennemi, alors qu’il a battu les musulmans en 721 :

Parce que le duc Eudes se vit vaincu et couvert de confusion, il appela à son secours contre le prince Charles et les Francs la nation perfide des Sarrasins. Ils vinrent avec leur roi nommé Abdiraman, passèrent la Garonne, marchèrent vers Bordeaux et, incendiant les églises, massacrant les habitants, ils s’avancèrent jusqu’à Poitiers (…). Le prince Charles se disposa vaillamment à les combattre, il accourut pour les attaquer, renversa leurs tentes par le secours du Christ, se précipita au milieu du carnage, tua leur roi et détruisit complètement l’armée de ses ennemis.

L’analyse est limitée : les Sarrasins sont une « nation » (un « peuple » au sens ethnique du terme) et sont des « infidèles », mais le mot se rapporte aussi à ceux qui n’ont pas la foi ou l’ont perdue, et peut même s’appliquer à de mauvais chrétiens, à de simples traîtres ou à des hérétiques.

Un chrétien anonyme de Cordoue écrit une vingtaine d’années après la bataille une chronique plus précise. Il y montre la puissance de l’armée franque et la vitesse des troupes musulmanes, motivées par le pillage et menées par le général ‘Abd al-Rahmân. La dimension religieuse de la conquête est totalement absente :

Abd-el-Rhaman, en poursuivant le susdit duc Eudes, décide d’aller piller l’église de Tours en détruisant sur son chemin les palais et en brûlant les églises, lorsque le maire du palais d’Austrasie en Francie intérieure, nommé Charles, homme belliqueux depuis son jeune âge et expert dans l’art militaire, prévenu par Eudes, lui fait front. À ce moment, pendant sept jours, les deux adversaires se harcèlent pour choisir le lieu de la bataille, puis se préparent au combat, mais, pendant qu’ils combattent avec violence, les gens du Nord, demeurant à première vue immobiles comme un mur, restent serrés les uns contre les autres telle une zone de froid glacial, et massacrent les Arabes à coups d’épée.

Conquête au peuplement de l'Espagne au VIIIe siècle

Conque te et peuplement de l espagne viiie s

La tempête interrompue

L’invasion reflue. Au nord de l’Espagne, de petites principautés chrétiennes résistent farouchement. Pélage, premier roi des Asturies, tente de mener la lutte contre les musulmans dans les montagnes en se cachant dans des grottes et des vallées étroites. Le gouverneur d’Al-Andalus charge le général Al-Qama d’une expédition punitive, mais les envahisseurs sont attirés par Pélage dans les montagnes où il les bat vers 720. La Chronique officielle du roi Alphonse III (883-890), qui magnifie la dynastie des Asturies, attribue à la Vierge la victoire de Covadonga (Cova dominica, la « grotte du Seigneur ») :

[Pélage] se réfugia dans le mont Auseba, dans une caverne qui est appelée la grotte de Sainte-Marie (…). Une fois que les pierres avaient été envoyées par les frondeurs et qu’elles parvenaient à la demeure de sainte Marie toujours Vierge [c’est-à-dire dans la grotte], elles revenaient sur ceux qui les lançaient et semaient furieusement la mort chez les Chaldéens [les musulmans] (…). Les fidèles étant sortis de la grotte pour combattre, les Chaldéens furent aussitôt mis en fuite, et coupés en deux groupes ; et là, l’évêque Oppa [qui s’était rallié à l’envahisseur] fut aussitôt capturé et Alcama tué.

La tradition espagnole fait de cette bataille la première étape de la reconquête de la péninsule, la Reconquista.

Avec Covadonga et Poitiers, l’avance musulmane en Europe est terminée et Narbonne est reprise en 759. La perte de la Septimanie s’accompagne d’un recul de la frontière au sud des Pyrénées. Gérone est « libérée » par les Carolingiens en 785, Huesca en 799 et Barcelone en 801. La menace s’éloigne et Charlemagne noue même en 778 une alliance contre-nature avec Ibn al-Arabî, gouverneur de Saragosse, en conflit ouvert avec son suzerain, l’émir de Cordoue. C’est en réponse à ces contacts que le roi franc lance l’expédition tragique qui échouera à Roncevaux en raison de l’attaque des Basques. La Chanson de Roland, écrite à la fin du XIe siècle, attribuera la défaite aux Sarrasins plutôt qu’aux Basques, aggravant ainsi dans la littérature l’opposition entre Européens et musulmans.

 

Islamisation et arabisation

Au VIIIe siècle, l’intrusion des troupes arabo-berbères en Espagne est moins une conversion religieuse qu’une conquête militaire. L’ancien royaume wisigoth devient une province de l’empire umayyade, dirigée par un émir désigné par le calife de Damas. Mais, à partir de 756, ‘Abd al-Rahmân Ier, un prince umayyade rescapé du massacre de sa famille par la nouvelle dynastie des ‘Abbâsides, trouve refuge en Espagne et fonde un émirat autonome, qui devient en 929 un califat totalement indépendant. Cordoue en est la capitale, aux dépens de Tolède, ancienne métropole des Wisigoths. L’Andalus est prospère et riche en cités. Le peuplement y est dense, particulièrement en Bétique, où les arabophones sont très vite majoritaires. L’Andalus compte peut-être au VIIIe siècle dix millions d’habitants, soit autant qu’à l’époque wisigothique, ce qui conduit à nuancer le tableau sombre que les sources musulmanes font de la période précédente.

Concernant le degré d’arabisation de la péninsule, des débats historiographiques opposent les défenseurs de l’identité espagnole chrétienne, qui aurait résisté tant bien que mal à l’acculturation, aux partisans d’une al-Andalus heureuse, multiculturelle et tolérante. Quoi qu’il en soit, avant le IXe siècle, l’influence arabe et musulmane était encore minoritaire. L’archéologie du monnayage en est un bon exemple, puisque les premières monnaies datées des années 720-740 sont des dinars dont la légende est la shahâda – la profession de foi musulmane – écrite en latin (« Il n’y a de dieu que Dieu, et Mahomet est son Prophète ») ; puis viennent des dinars bilingues (latin-arabe) et enfin des inscriptions uniquement en arabe au Xe siècle.

L’islam s’est d’abord imposé dans le système politique, la monnaie, les impôts et l’installation des troupes tribales, qui ici étaient mixtes : Arabes et Berbères, ces derniers, venus des régions du Rif marocain, étant les plus nombreux. Cette distinction ethnique au sein des conquérants se maintient dans le peuplement, puisque les territoires côtiers et la Bétique, plus riches, sont dominés par les Arabes, tandis que les Berbères sont relégués dans les hautes terres intérieures où ils cohabitent avec une clientèle de convertis autochtones, souvent opportunistes (les muwalladûna, ou muwallads). Au Xe siècle, on importe des esclaves africains et slaves, utilisés dans les milices, le service domestique ou les champs. Enfin, les Syriens, marchands ou lettrés, affluent d’Orient pour profiter des richesses de l’Andalus umayyade. Toutefois, les apports extérieurs – évalués à 40 000 personnes – restèrent toujours minoritaires face au peuplement originel, ce qui suppose une islamisation et une arabisation très progressives.

 

Domination et islamisation en Espagne (850-1050)

Domination et islamisation en espagne 850 1050

L’effacement du christianisme

Bénéficiaires de pactes de tolérance, Juifs et chrétiens passent dès la conquête sous le statut de dhimmi, c’est-à-dire de « conventionnés » ou « protégés », statut qui en fait des sujets de seconde zone. Un seul de ces pactes a été conservé, par lequel un chef goth remet volontairement aux conquérants plusieurs cités de la province de Murcie. Les juifs s’assimilent sans mal au nouveau pouvoir musulman, plus souple avec eux que ne l’avaient été les derniers rois wisigoths. Les communautés juives sont dynamiques dans les villes comme Cordoue et participent aux échanges intellectuels et économiques.

En revanche, l’implantation des évêchés révèle l’effondrement précoce des structures ecclésiastiques dans le centre du pays, mais leur maintien dans la vallée de l’Èbre et en Bétique, c’est-à-dire à la frontière des royaumes chrétiens du nord et à Cordoue, grande cité chrétienne où les évêques jouent le rôle de notables proches des émirs. Sur les côtes orientales, l’islamisation a été lente mais irrémédiable, jusqu’à faire disparaître le christianisme au Xe siècle. Autour de l’An Mil, après trois siècles de pression étatique et sociale, l’ensemble d’al-Andalus a adopté les critères de l’islam, malgré la sous-représentation numérique des envahisseurs.

Quant aux chrétiens non convertis, s’ils résistent sur le plan religieux, ils s’arabisent eux aussi progressivement, prenant le nom de musta‘ribûna (« ceux qui s’arabisent ») ou « mozarabes ». On les voit très nombreux dans des villes comme Tolède, Cordoue, Séville, gérées par leurs évêques et par des comtes, une administration civile qui leur est propre. Leur culte est conservé à travers le rite mozarabe, tiré de l’ancienne coutume wisigothique. Les lettrés maîtrisent le latin, mais au quotidien tous parlent l’arabe et des dialectes ibéro-romans, si bien que chrétiens et musulmans peuvent se comprendre et collaborer.

 

L’émirat de Cordoue

Les émirs de Cordoue, malgré leurs origines umayyades, se déclarent sujets du califat ‘abbâside. Le souverain se fait appeler roi (mâlik) et prince (amîr). Son gouvernement ne peut s’appuyer sur le fanatisme religieux ni le sectarisme ethnique, car les arabo-musulmans sont trop minoritaires pour cela. Il faut donc composer avec les mozarabes et les muwallads, les intégrer dans le système politique et l’administration, où les chrétiens sont, au VIIIe siècle, les seuls scribes compétents. Leur acculturation rapide à la langue arabe leur permet d’être indispensables dans la gestion des cités.

Jusqu’à la fin du IXe siècle, les petits royaumes chrétiens du nord sont peu agressifs et la prospérité économique est réelle en Al-Andalus. Les émirs favorisent l’introduction de la doctrine mâlikite, une école d’interprétation qui accepte notamment la possibilité d’adapter les règles juridiques de l’islam au contexte local. Une telle approche assure à l’islam sunnite un bon accueil au sein d’une population bigarrée. Cordoue, où s’installe l’émir ‘Abd al-Rahmân Ier (mort en 788) et fait bâtir son palais, se développe rapidement comme un centre religieux où les fuqaha – les juristes – jouent aussi un rôle politique.

Mais le dynamisme culturel dépasse la dimension religieuse, car les populations avaient connu au début du VIIe siècle l’âge d’or de la latinité ibérique. L’Andalus islamique se doit donc d’être au moins comparable. Dans les milieux de la chancellerie, des muwallads et autour du palais de Cordoue, les émirs facilitent le développement artistique et architectural et une culture profane de cour, l’adâb, qui mêle « art du bien vivre et du bien écrire ». Cet élitisme culturel, qui ne s’épanouira réellement qu’au IXe siècle, impose de connaître le Coran, mais aussi la rhétorique, la poésie, la géographie, l’art épistolaire et l’histoire. On voyage à Bagdad pour acquérir cette science, tandis que des Orientaux s’installent à Cordoue afin d’initier les élites à l’adâb des ‘Abbâsides.

Les souverains de Cordoue se piquent eux-mêmes de poésie arabe. Dans les vers de l’émir ‘Abd al-Rahmân Ier se lit la nostalgie de la steppe syrienne : « Ô palmier, comme moi, tu es un étranger en terre occidentale, loin des tiens ». La sédentarisation est un arrachement et l’Andalus un exil…

 

Illustration

La carte du monde d’après le géographe al-Idrîsî, vers 1154. L’Espagne y est représentée à l’extrémité du monde islamique. Le géographe décrit l’Andalus comme un ensemble de cités, et jamais comme un pays à proprement parler avec ses campagnes et ses terroirs, confirmant le caractère essentiellement urbain de cette civilisation.

Idriisi

Bibliographie

Thierry Bianquis, Pierre Guichard, Mathieu Tillier (dir.), Les débuts du monde musulman, VIIe-Xe siècle, De Muhammad aux dynasties autonomes, Paris, PuF, 2012 (Nouvelle Clio).

Pierre Guichard, Al-Andalous. 711-1492 : une Histoire de l’Espagne musulmane, Paris, Hachette, 2011.

Evariste Levi-Provençal, Histoire de l’Espagne musulmane, Paris, 3 vol., rééd. 1999.

Mohamed Meouak, Pouvoir souverain, administration centrale et élites politiques dans l’Espagne umayyade (IIe-IVe/VIIIe-Xe siècles), Helsinki, 1999.

Olivier Hanne, L’Alcoran. L’Europe, le Coran et la langue arabe : une histoire culturelle, Paris, Belin, à paraître.

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau